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U​n petit pays qui pense grand

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Nos enfants qu'on assassine

L

e dossier de ce numéro de Tunisie Plus est fondamental : il dresse le tableau de l'éducation nationale tunisienne. D'apparence et par rapport à tant d'autres pays, la situation pourrait paraitre satisfaisante : la scolarisation, toujours officiellement gratuite, reste importante et nombre d'étudiants, poursuivant des études supérieures sur tous les continents, témoignent encore de la qualité de l'enseignement tunisien tourné vers la recherche de l'excellence.

Hélas ces quelques satisfactions sont l'arbre qui cache la forêt. En réalité le constat est dramatique. On est loin aujourd'hui de l'idéal du système éducatif voulu par Bourguiba, marqué par la modernité et élément essentiel de l'ascenseur social. Manque d'enseignements qualifiés, faiblesse du niveau des élèves, réformes sans efficacité, budget insuffisant, établissements souvent dégradés, absentéisme généralisé, grèves à répétition, fausse gratuité : telles sont les plaies de l'école publique que confirme a contrario l'essor de l'enseignement privé et des écoles coraniques. Bref, l'école de la République est devenue celle de la crise et de l'échec, celle du cauchemar.

Dès lors, on comprend l'exaspération des parents et le découragement des élèves. D'autant que cette formation débouche dans la majorité des cas, y compris pour les plus diplômés, sur un chômage quasiment garanti. Les optimistes verront dans quelques mini changements intervenus cette rentrée, l'amorce d'une prise de conscience réelle et l'espoir d'une amélioration. Mais on ne saurait s'en contenter : c'est une mobilisation à tous les niveaux dont l'école a besoin, pas de flou ni d'à peu-près.

Comme le disait déjà Bourguiba : "L'éducation est une responsabilité que doivent remplir, à titre égal, l'Etat, l'ensignant et l'enseigné". Que rien ne change, que l'on se contente de faux remèdes et personne ne pourra nier le terrible constat : ce sont nos enfants qu'on assassine.

Edito