Edito

Signes d'espoir

"S'

il est poli d'être gai" comme disait Voltaire, il l'est tout autant d'être optimiste. Certes les temps incitent au découragement : la pandémie ne recule pas et nul ne connaît encore précisément ses conséquences, notamment économiques. Pourtant des signes positifs apparaissent çà et là. En Tunisie aussi. En voici six qui permettent de chasser la morosité et de croire en l'avenir.

 

1. Sur l'avenue Bourguiba à Tunis, les défilés se multiplient, témoignage du mécontentement du peuple. Mais c'est aussi le signe de la liberté de manifester et donc de la démocratie. Celle-ci est un long chemin, souvent chaotique et fragile. Que son apprentissage se poursuive, en dépit des difficultés, est profondément encourageant.

2. Les preuves de l'acceptation des pratiques démocratiques sont de plus en plus nombreuses. Ainsi les résultats des sondages et des enquêtes d'opinion sont désormais acceptés par tous, y compris par ceux qui y perdent.

3. Les femmes, fer de lance de la Révolution et de ses suites, demeurent au centre du combat politique : elles sont même toujours à l'avant-garde de la lutte contre les islamistes. Leur détermination et leur influence en font maintenant un élément essentiel de la vie politique.

4. De plus en plus de jeunes se distinguent dans les secteurs d'avenir en particulier la high-tech. Remarquons aussi que le premier satellite conçu et développé par des compétences 100% tunisiennes vient d'être lancé.

5. La culture est en profond bouillonnement : les initiatives sont multiples, notamment dans le cinéma, et aboutissent à des créations souvent couronnées par des récompenses internationales.

6. Quand à nos relations avec nos voisins, là aussi on peut raisonnablement se réjouir : tout s'arrange avec l'Algérie et, sous l'égide de l'ONU, la Libye retrouve la paix. Ce qui est une bonne nouvelle pour l'économie tunisienne : les échanges peuvent reprendre et nos travailleurs retrouver le chemin du travail.

Certains me jugeront par trop optimiste, voire insouciant. Que puis-je dire à ces Cassandre sinon leur rappeler le mot de Dostoïevski : "Vivre sans espoir, c'est cesser de vivre ? "