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Pour une société de confiance

C

es temps-ci, certains, les plus radicaux, ont les yeux rivés sur le rétroviseur. Faute de construire le présent et d'imaginer l'avenir, faute aussi de pouvoir élaborer un programme, ils se réfugient dans une hostilité maladive envers Bourguiba. Pour eux, le père fondateur de la nation serait finalement le responsable des maux du pays.

Tout comme la France accusée de tous les péchés et responsable à les entendre des catastrophes actuelles. Se rendent-ils compte ces casseurs de mémoire qu'en se comportant ainsi ils se mettent hors de l'Histoire et de l'unité nationale ? Et mesurent-ils l'offense qu'ils font par leurs stupides diatribes à tous ceux qui ont permis à la Tunisie de se libérer de ses chaînes ?

A n'en pas douter, cette attitude est vouée à l'échec. D'abord, ceux qui s'y sont essayé dans les précédents gouvernements ont abouti à une impasse, leurs insultes renforçant au contraire dans la population le prestige de Bourguiba. Ensuite, cette stratégie minable ne répond en rien aux préoccupations du pays.

Ce qu'il lui faut, c'est non ressasser le passé mais concevoir le futur. Se poser en éternelle victime conduit en fait à fuir ses responsabilités et à refuser de voir les réalités. Enfin, se comporter ainsi introduit la division dans le pays avec le risque d'affrontements, moraux et physiques.

L'essentiel pour tous est de rétablir la société de la confiance. Aujourd'hui (rien ne sert de le nier) celle de la défiance prédomine, notamment dans la jeunesse. Les paroles et les discours ne peuvent continuer à s'accumuler sans que les actes suivent. Car trop de soubresauts menacent la Tunisie : la tempête sociale couve, la pauvreté se répand, la précarité est la règle et dans maints secteurs, le mécontentement est patent.

Pour vaincre ce climat délétère, il faut d'urgence bâtir les fondements d'une société de confiance.
Désormais, ce n'est plus une ambition. C'est une nécessité.

Edito