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Se réinventer

L

e chiffre doit s'inscrire au fer rouge dans l'esprit des Tunisiens : 14%.

C'est la part du PIB que représente le secteur du tourisme dans la richesse de la nation, secteur qui fait vivre deux millions des habitants de ce petit pays qui pense grand. C'est dire son importance. C'est dire également le drame économique et social que constitue la pandémie du coronavirus. Au-delà de la tragédie humanitaire et sanitaire, on ne peut en ignorer les conséquences.

Il ne sert à rien de se voiler la face : pour le tourisme, la saison 2020 sera une année blanche. Le virus a fait le vide dans les hôtels et dans les souks. Rares sont les établissements qui résisteront à la crise et plusieurs pourraient être obligés de mettre la clé sous la porte. Pour conjurer cette catastrophe, l'aide de l'Etat est évidemment nécessaire à l'image des décisions de nombreux pays dans le monde.

Mais elle ne saurait suffire. D'abord parce que la Tunisie n'a pas les ressources financières suffisantes pour colmater l'effondrement. Ensuite parce que dans un système libéral, c'est au secteur privé aussi d'assumer ses responsabilités et de faire face.

Disons-le tout net : rien ne sera plus comme avant tant toutes les règles seront changées. Du transport aérien aux produits, tout va être bouleversé. Aussi le modèle tunisien est appelé sinon à disparaître, du moins à se transformer. Terminée l'époque du tourisme de masse. Finis le "All inclusive" et les hordes de voyageurs à bon marché. Dehors cette détestable habitude de solder les vacances.

Désormais une seule obligation à tous les niveaux : la qualité. C'est elle qui permettra au secteur de se renouveler. Tous les acteurs doivent participer à cet effort aussi bien les hôteliers que les banques qui s'éloignent malheureusement du tourisme, autant les campagnes de communication que les personnels des établissements afin d'être mieux formés.

Bref, le tourisme doit se réformer et se réinventer.

Qu'il ne saisisse pas cette opportunité née de la crise du coronavirus et il périra. Comme disait Churchill : "Si vous ne prenez pas le changement par la main, il vous prendra à la gorge".

Edito